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Papouasie et Nouvelle-Guinée : régions dignes de réflexions

Voyages | Lundi 14 mai 2007 | 07:00

Papouasie et Nouvelle-Guinée : régions dignes de réflexions

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De toutes les tribus que j'ai pu visiter, c'est celle des Papous de la Nouvelle-Guinée occidentale qui m'a le plus fait réfléchir sur le primitivisme de notre bonne vieille boule terrestre.

L'avion de la Garuda, oiseau mythologique au plumage multicolore, atterrit à Jayapura, une ville fondée par les Hollandais. En face de nous, le lac Sentani et les villages Assey et Ayapo, où l'armée américaine a dû bosser très fort pour sortir les Japonais en 1944-1945. Le général Marcher y avait son quartier général. Il n'est pas rare d'ailleurs qu'on puisse voir, encore de nos jours, des résidus de chars d'assaut japonais ensablés sur les plages. De Jayapura, nous empruntons un petit avion qui, pendant plus d'une heure, nous transporte au-dessus d'un immense tapis vert jusqu'à Ramena. Me voilà rendu sur la terre des Danis, non loin de l'Australie.

Dans le va-et-vient quotidien des gens qui déambulent au milieu des rues boueuses, il n'est pas rare de voir un primitif flambant nu mêlé aux conversations des bonnes gens. De là, nous montons à bord d'une jeep qui, après une heure et demie dans la jungle, nous fait pénétrer dans un bled dénommé Sinatan. Un pont suspendu nous amène au milieu d'une tribu guerrière qui, moyennant l'achat d'un porc et de riz, se dit disposée à nous recevoir. Il faut un permis de l'armée pour franchir cette zone car, croyez-le ou non, des touristes aventuriers d'Allemagne n'ont jamais été revus... Il n'y a pas très longtemps, les Papous possédaient toujours la réputation d'être des mangeurs d'hommes!

Une fois que nous sommes acceptés parmi eux, le chef ordonne aux femmes de venir nous cueillir. Eh bien, oui, c'est sur les épaules de ces dames que j'ai pu entrer dans ce petit hameau perdu au milieu de la forêt. De quoi faire jaser nos féministes! Un autochtone me fait voir une momie d'un ancien chef datant de 250 ans! Vêtues d'une jupe de paille, les femmes ont les seins nus. Les hommes n'ont comme cache-sexe qu'un kateka, c'est-à-dire une espèce de bambou qui recouvre leur pénis. On dit que le kateka sert à emmagasiner du tabac...

L'expérience est exceptionnelle. Je me sens loin de chez moi et m'interroge sur les conséquences de tomber malade en ces lieux reculés.

Les Papous qui me parlent, par hurlements et par gestes, ne connaissent de la modernité que l'avion qui passe à 10 668 m (35 000 pi) au-dessus d'eux. L'heure du dîner arrivant, les femmes allument le feu avec des branches et des pierres. Un guerrier abat d'une flèche notre porcelet et la cuisson débute. Les chiens affamés tournaillent près du foyer et les mouches envahissent les alentours. L'expérience vaut amplement le désagrément et nous partageons, en compagnie de ces primitifs sympathiques que je n'oublierai jamais, un court séjour dans un royaume où il faut souhaiter que l'appétit du progrès ne vienne pas réduire à néant une des rares cultures ancestrales encore inentamées. Espérons que leur isolement géographique continuera de les protéger de nous.

Que ce soient les Papous de l'lrian Jaya, les Dayaks du Kalimantan ou les Torajas de Sulawesi, les indigènes de l'Indonésie désirent se faire entendre de la capitale afin que les erreurs du passé ne soient pas répétées dans cet archipel. Soharto s'est vu confronter aux revendications de ces ethnies marginalisées sinon victimes du développement démesuré des affairistes. Espérons que l'on comprendra qu'il ne faut pas faire de ces indigènes des Amérindiens stationnés dans des réserves urbaines comme c'est souvent le cas au Canada.

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