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Obama riposte aux assauts républicains sur sa compétence en matière étrangère

International | Samedi 17 mai 2008 | 14:47

Obama riposte aux assauts républicains sur sa compétence en matière étrangère

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Par Charles Babington, THE ASSOCIATED PRESS

WASHINGTON - "Naïf et irresponsable". Après avoir la veille dénoncé le président George W. Bush, le démocrate Barack Obama s'en est pris aussi au candidat républicain John McCain, l'attaquant sur le terrain de la politique étrangère après avoir vu mise en cause sa solidité dans ce domaine et dans celui de la sécurité.

Ce domaine s'annonce en effet comme central dans la bataille qui s'annonce. Et, fort de l'expérience de l'ancien candidat démocrate John Kerry, victime en 2004 d'une violente offensive visant à discréditer ses faits de guerre au Vietnam, mettre en doute son patriotisme et sa capacité à diriger le pays, et qui avait été plombé dans la course présidentielle pour n'y avoir pas riposté assez vite, Obama entend bien ne pas se laisser "swiftboater" -comme le dit le néologisme entré depuis dans le jargon politique d'Outre-Atlantique.


Jeudi, parlant à la Knesset à l'occasion des 60 ans d'Israël, George W. Bush avait dénoncé le fait que "certains semblent penser que nous devrions négocier avec les terroristes et les radicaux". Et d'évoquer ce "faux confort de l'apaisement", dans un parallèle avec l'attitude des démocraties face au nazisme dans les années 30.


Attaque qu'Obama a prise pour lui -et la presse aussi. Si son principal fait d'armes est de s'être dès le début opposé à une guerre en Irak désormais honnie par les Américains, le sénateur métis de l'Illinois n'a guère de véritable expérience en matière de politique étrangère et de sécurité. C'est là une faiblesse que les républicains comptent désormais exploiter, comme Hillary Clinton déjà ne s'en était pas privée.


Mais jusqu'ici, la question de la sécurité nationale était restée en arrière-plan de la campagne, concentrée sur le ralentissement économique et les violentes péripéties de la primaire démocrate. Le sénateur vétéran et héros du Vietnam entend désormais ramener le sujet au premier plan, après avoir déjà accusé son jeune rival d'être le "candidat favori du Hamas": c'est le signe qu'on s'attend de plus en plus à un duel Obama-McCain pour novembre, même si l'ex-First Lady compte rester en course jusqu'à la fin des primaires, début juin.


"Ca serait merveilleux si nous vivions dans un monde où nous n'avons pas d'ennemis. Mais ce n'est pas le monde dans lequel nous vivons. Et tant que le sénateur Obama n'aura pas compris cette réalité, les Américains ont raison de se demander s'il a la force, le jugement et la détermination à protéger notre sécurité", a lancé McCain, comme par hasard devant un meeting de la NRA, le puissant lobby des armes à feu, dans le Kentucky.


Mais Obama a riposté, mettant les deux républicains dans le même sac et estimant qu'une présidence McCain ne serait qu'une prolongation des catastrophiques années Bush... "S'ils veulent débattre de la protection des Etats-Unis, c'est un débat que je suis prêt à gagner, car George Bush et John McCain ont beaucoup de comptes à rendre". Pour lui, le tandem républicain pratique la "politique de la peur".


Et d'accuser Bush d'avoir par ses actions renforcé le Hamas palestinien ou de juger qu'Al-Qaïda aussi s'était renforcé du fait d'un Afghanistan abandonné à son sort. Quant à McCain, il a la "croyance naïve et irresponsable que si Washington hausse le ton, cela pourrait inciter l'Iran à abandonner son programme nucléaire et son soutien au terrorisme", a estimé Obama.


La riposte de la campagne républicaine n'a pas tardé: Obama est accusé d'avoir prononcé une "diatribe hystérique" par une équipe McCain qui considère "irresponsable" qu'un président des Etats-Unis puisse rencontrer des dirigeants comme l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad. Chose qu'Obama avait dit qu'il n'hésiterait pas à faire, se faisant critiquer de tous bords.


Mais cette fois-ci, Mme Clinton est venue à la rescousse de son rival démocrate. "Nous sommes unis dans notre opposition à la politique de Bush et à la poursuite de cette politique" par McCain, a-t-elle dit. Avant de critiquer la tournée actuelle de Bush au Proche-Orient, persiflant: "Nous devons faire quelque chose de plus conséquent que prendre le thé avec les Saoudiens". D'autres démocrates ont dénoncé l'hypocrisie de McCain et jugé que Bush devrait avoir honte de ses propos.


Quant à Obama, références historiques à l'appui, il a dénoncé cette idée de refuser de parler avec l'ennemi. "Quand Kennedy rencontrait le dirigeant soviétique Nikita Krouchtchev, nous étions au bord de la guerre nucléaire", a-t-il lancé. Et quand Nixon ouvrit des négociations avec la Chine, il savait très bien que Mao Tsé-toung "avait exterminé des millions de gens".

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