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Ingrid Betancourt se sent

Photo: ASSOCIATED PRESS/Ricardo Mazalan

International | Jeudi 03 jui 2008 | 13:59

Ingrid Betancourt se sent "au paradis" avec ses enfants

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Par Laurent Pirot Et Christine Ollivier, ASSOCIATED PRESS

PARIS - Au "paradis", Ingrid Betancourt a retrouvé jeudi à Bogota ses enfants Mélanie et Lorenzo, après six ans de captivité dans l'enfer de la jungle colombienne. Sans attendre, l'ex-otage des FARC devait s'embarquer pour la France où elle sera accueillie vendredi par Nicolas Sarkozy.

Fidèle à sa réputation de femme déterminée, la Franco-Colombienne tout juste libéré de la coupe des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a monté elle-même la passerelle adossée à l'avion de la République française arrivé de Paris, sans attendre que ses enfants en sortent.


Une façon de se ménager quelques instants d'intimité relative avec ses proches à bord de l'appareil, avant d'étaler son bonheur devant les télévisions du monde entier. "Le nirvana, le paradis, ça doit être très semblable à ce que je ressens en ce moment!", a-t-elle souri, tenant les mains de ses enfants étroitement serrées dans les siennes.


Très vite, elle est passée outre la grande émotion qui l'étreignait pour tenir un discours nettement plus revendicatif, destiné à obtenir d'autres libérations de la part de la guérilla d'inspiration marxiste. Pour elle, cela passe par une médiation internationale s'appuyant sur les chefs d'Etat voisins Hugo Chavez (Venezuela), Rafael Correa (Equateur) ou encore Cristina Kirchner (Argentine), déjà impliqués par le passé. Elle a aussi appelé à la mobilisation des Colombiens lors d'une grande marche qui devrait se tenir vendredi.


Elle a aussi plaidé en faveur de "la liberté d'autres otages dans le monde", et en particulier de la birmane Aung San Suu Kyi, assignée à résidence par la junte au pouvoir.


Après avoir assuré la veille qu'elle aspirait toujours à la présidence de la Colombie, l'ancienne candidate a semblé plus prudente. Interrogée sur France-2, elle a répondu vouloir "prendre une décision tranquille". "Je voudrais simplement trouver un moyen d'être utile", mais "il y d'autres façons de servir".


Dans l'immédiat, elle entend en tout cas passer "quelques jours" en France, où elle sera reçue vendredi après-midi par le président français. "Tout le monde sera content de l'accueillir", a d'ores et déjà assuré Nicolas Sarkozy, qui a proposé "un check-up médical" à l'ancienne otage qui n'a "pas été ménagée". Alors que début avril, son état de santé semblait alarmant, l'ex-otage est apparue plutôt en bonne forme sur les images.


Sans attendre l'arrivée d'Ingrid Betancourt, la fin de son calvaire a été fêtée par des rassemblements dans plusieurs villes de France, au cours desquels les immenses portraits de la sénatrice colombienne ont été barrés de la mention "libérée". Dans un large consensus, la classe politique française continuait de saluer cette libération et l'engagement du chef de l'Etat, épargné pour un temps par les critiques.


Nicolas Sarkozy avait fait de la libération d'Ingrid Betancourt une priorité et s'est fortement engagé dans ce dossier, à travers plusieurs tentatives de médiations infructueuses. Mais selon le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, Nicolas Sarkozy n'avait été informé que de "l'idée" de l'opération militaire, "communiquée par les autorités colombiennes il y a plusieurs mois". "Il est vrai que nous ne l'attendions pas à ce moment-là", a-t-il ajouté.


D'après le récit fait par son entourage, le président français venait de regagner le domicile parisien de son épouse mercredi soir quand il a été informé de la libération d'Ingrid Betancourt et de 14 autres otages, quelques minutes seulement avant que la nouvelle ne soit annoncée par les médias. Il a regagné précipitamment l'Elysée, tout comme ses principaux collaborateurs, et a appelé le président colombien Uribe, avec lequel les relations ont parfois été tendues, pour obtenir des précisions.


Claude Guéant a assuré que les Français "n'ont pas pris part" à l'opération. "Dans la dernière ligne droite, c'est la Colombie et l'armée colombienne" qui ont eu la main, a déclaré Nicolas Sarkozy.


L'ambassadeur américain en Colombie William Brownfield, dont trois compatriotes ont été libérés mercredi, a, lui, fait état d'une "étroite" collaboration entre les forces américaines et colombiennes, notamment en matière de renseignement, d'équipements et d'instruction.

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