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International | Vendredi 11 jui 2008 | 18:49Chavez et Uribe tentent de normaliser leurs relations |
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THE ASSOCIATED PRESS
PARAGUANA, Venezuela - Après des mois de tension dans leurs relations et la libération d'Ingrid Betancourt et de 14 autres otages des FARC, le président vénézuélien Hugo Chavez et son homologue colombien Alvaro Uribe se sont rencontrés vendredi pour tenter de renouer une relation difficile, les deux hommes incarnant les deux extrêmes du spectre politique latino-américain.Après une période de diatribes, insultes et menaces qui auront porté la relation bilatérale à son niveau le plus glacial depuis des années, les deux présidents se sont revus en tête-à-tête pour la première fois depuis août 2007.
En accueillant chaleureusement son homologue colombien à Paraguana, au Venezuela, M. Chavez a affirmé que les deux pays avaient besoin de "relancer leurs relations", ce qui "dépend de beaucoup de choses". Le président vénézuélien a aussi répété son souhait d'aider à négocier la libération des centaines d'otages qui sont toujours aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
Un accord sur les transports, qui devait également être paraphé lors de ce sommet de quelques heures dans un complexe pétrolier sur la côte caraïbe du nord du Venezuela, servait de prétexte.
Uribe a expliqué vouloir signer un protocole d'accord pour la construction d'une ligne de chemin de fer binationale reliant la côte caraïbe du Venezuela aux plaines orientales colombiennes.
La relation bilatérale est entrée dans une crise aiguë en novembre, lorsque le Colombien a refusé que se poursuive la médiation du Vénézuélien auprès des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) dans la crise des otages. Avec sa verve habituelle, le trublion de Caracas a accusé Uribe d'être un pion des Etats-Unis, un menteur et un mafieux. Avant d'enregistrer une victoire de taille avec la libération en début d'année de plusieurs otages "politiques" des FARC, dont Clara Rojas, bras droit d'Ingrid Betancourt.
La crise a atteint son apogée en mars, avec le bombardement par l'armée colombienne d'un campement de la guérilla en Equateur. L'attaque a coûté la vie au numéro deux des FARC Raul Reyes, et le ton est monté entre Bogota et le tandem Equateur-Colombie.
Chavez, solidaire de son homologue équatorien Rafael Correa, a envoyé dix bataillons à la frontière colombienne, expulsé l'ambassadeur de Colombie à Caracas et restreint le passage des marchandises entre les deux pays.
Le risque de conflagration a été surmonté grâce à la médiation de chefs d'Etat latino-américains, le 7 mars lors d'un sommet régional en république dominicaine. Si depuis Caracas a renoué les relations diplomatiques avec la Colombie, ce n'est toujours pas le cas de l'Equateur.
"L'intérêt pour le moment est de faire redescendre le niveau de la confrontation, et intensifier les relations sur les points de convergence, notamment économiques", a expliqué à l'Associated Press l'ex-diplomate vénézuélien Sadio Garavini.
Le chef de la diplomatie vénézuélienne Nicolas Maduro a donné le ton, évoquant le rétablissement d'un dialogue "respectueux et constructif" avec Bogota.
Pour Uribe, a estimé Adolfo Tayhardat, autre ancien responsable diplomatique vénézuélien, les relations avec Bogota sont vitales d'un point de vue commercial et économique, avec les intérêts des investisseurs colombiens au Venezuela à défendre. Les deux voisins sont d'importants partenaires commerciaux, avec un volume d'échanges de six milliards de dollars en 2007.
A la différence de leur dernière rencontre, l'été dernier, quand Chavez avait la main, du fait de ses avancées avec les FARC, cette fois-ci c'est Uribe qui a le vent en poupe, couronné de lauriers décernés dans le monde entier et fort d'une popularité intérieure qui atteint des sommets après l'audacieuse opération qui a permis la libération de 15 otages de la guérilla, sans qu'une goutte de sang ne coule, le 2 juillet.
Chavez est quant lui affaibli, notamment par les révélations sur son attitude ambiguë envers la guérilla - les fonds qu'ils aurait fournis aux FARC, révélés par l'analyse des ordinateurs saisis lors du raids équatoriens se seront pas à l'ordre du jour du sommet, assure Bogota.
Il a d'ailleurs baissé la garde le mois dernier, appelant les FARC à rendre les armes et libérer leurs otages, alors qu'il appelait auparavant la communauté internationale à cesser de les considérer comme un groupe terroriste.
En outre, les querelles internes au sein de son parti se multiplient alors qu'à l'approche des élections régionales de novembre, le Vénézuélien a besoin de rassembler derrière lui un électorat qui voit d'un mauvais oeil les tensions avec Bogota.
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