www.corusnouvelles.com
Corus Nouvelles

International
16 mai 2008

International | Vendredi 16 mai 2008 | 09:37

L'eau potable, la priorité pour les rescapés du cyclone en Birmanie

Par Frank Jordans, THE ASSOCIATED PRESS

GENEVE - Près de deux semaines après le passage de Nargis, le manque d'eau potable représente aujourd'hui le principal danger pour les survivants du cyclone en Birmanie, a estimé vendredi la Croix-Rouge. Les Nations unies ont, elles, à nouveau souligné que l'attitude de la junte militaire empêchait de se forger une idée précise de la situation sur le terrain.

John Holmes, sous-secrétaire de l'ONU aux Affaires humanitaires, se rendra à ce titre dimanche en Birmanie pour tenter de convaincre la junte d'autoriser la venue sur son territoire d'équipes de secours et de favoriser leur travail, a annoncé Amanda Pitt, porte-parole onusienne à Bangkok.


Car les données les plus élémentaires manquent toujours, du nombre de camps de réfugiés à celui des orphelins en passant par l'étendue des maladies. Même le bilan, officiellement de plus de 43.000 morts et 28.000 disparus, n'est toujours pas confirmé de source indépendante.


Pour Thomas Gurtner, chef des opérations de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et des Croissants-Rouges, plusieurs centaines de milliers de survivants du cyclone ont besoin d'eau potable de toute urgence pour éviter de contracter des maladies telles que la dysenterie ou le choléra.


"Si l'eau potable n'est pas disponible, ce sera le facteur qui fera le plus de morts dans cet environnement post-catastrophe", a-t-il expliqué vendredi à l'Associated Press. "La nourriture, c'est urgent, mais on meurt en trois jours d'une grave diarrhée, alors qu'il faut plusieurs semaines pour mourir de faim", a-t-il rappelé. "Etant donnée la très forte magnitude de la catastrophe, quand on fait la liste des priorités, l'eau et les abris sont les besoins les plus immédiats."


La Croix-Rouge craint que le véritable bilan puisse atteindre les 128.000 morts, alors que l'ONU évoque environ 100.000 décès. En absence de chiffres précis fournis par la Birmanie, elle estime qu'entre 1,5 et 2,5 millions de personnes ont un besoin urgent d'eau potable, de nourriture, de soins médicaux ou d'abris. Selon la Croix-Rouge, les ONG n'ont pu atteindre qu'entre 20% et 30% des survivants jusqu'ici.


"La question pour nous n'est plus tellement le bilan, mais plus ceux qui ont survécu et qui se dirigent tout droit vers le dénuement", explique Thomas Gurtner. "On doit se concentrer sur ces chiffres et les obtenir de manière précise."